Quand les puissants réécrivent les règles
Dans un pays où l’État de droit est censé prévaloir, comment expliquer les passe-droits et l'impunité qui semblent protéger certaines figures publiques ? On pourrait citer les affaires judiciaires où des responsables politiques échappent aux conséquences de leurs actes, grâce à des procédures interminables ou des réseaux bien placés. Ou encore ces grands groupes qui, bien que pris en flagrant délit de fraude fiscale, négocient des amendes plutôt que d'affronter de véritables sanctions.
Et que dire de ces décisions administratives où des citoyens ordinaires doivent se battre des années pour obtenir justice, tandis que d’autres voient leur dossier expédié en un temps record, simplement parce qu’ils disposent des bons contacts ?
Une justice à deux vitesses ?
Si la loi est censée être la même pour tous, certaines affaires laissent planer un doute sur son application. Des jugements qui tardent, des sanctions symboliques, des instructions qui semblent s’éterniser lorsqu'elles concernent des personnalités influentes… La séparation des pouvoirs, garante de l’État de droit, semble parfois vaciller sous le poids des pressions politiques ou économiques.
Lorsque ChatGPT décrit une justice rendue "au bon vouloir" d’un juge, sans preuve ni procédure, nous sommes loin de la réalité institutionnelle française. Et pourtant, les attaques contre l’indépendance de la justice, les tentatives de pressions sur certains magistrats ou les lois votées dans l’urgence sans véritable débat rappellent que l’équilibre est fragile.
Rien n’est jamais acquis
L’État de droit n’est pas un acquis immuable, il est un combat permanent. Chaque recul, chaque exception "exceptionnelle", chaque zone d’ombre crée une brèche dans laquelle peuvent s’engouffrer les abus. Aujourd’hui encore, en France, il ne suffit pas d’avoir des lois pour garantir la justice : il faut aussi les faire respecter et s’assurer qu’elles s’appliquent à tous, sans distinction.
Alors, la France sans État de droit, une fiction ? Espérons-le. Mais lorsque la réalité commence à ressembler à la fable, il est peut-être temps de s’inquiéter.